Camille voyageuse

Toute petite, elle montrait déjà une passion pour toutes les bestioles et, globalement, tous les êtres vivants qu’elle pouvait rencontrer. Dans le jardin de ses grands-parents, en Mayenne, elle n’avait pas sa pareille pour découvrir les nids et les portées d’oisillons. Elle pouvait passer des heures à observer les bourdons, n’hésitant pas à leur mettre une touche de peinture sur la queue pour mieux les suivre et les reconnaître dans les massifs de lavande. Chez sa tante, à Toulouse, c’est une guêpe maçonne, dont elle avait trouvé le nid dans un placard, qu’elle s’était mise en tête de protéger, interdisant à quiconque de lui faire du mal. Petite Parisienne, la nature était pourtant sa passion. Quand elle était à Mayenne, elle partait seule avec sa canne à pêche taquiner les rares truites de la rivière Aron, truites qu’elle remettait à l’eau le peu de fois où elle les attrapait.

USA 2000

Namibie 2002

Chine 2005

Australie 2006

Islande 2011

Québec 2012

Et puis, adolescente, elle avait trouvé, avec nous, une autre passion, celle des voyages. Cela avait commencé en famille, aux Etats-Unis, puis en Afrique ou en Chine, mais très vite, elle continua seule. A 22 ans, elle embarquait pour l’Australie. Elle y vécut six mois, entre petits boulots à Sydney, grandes traversées entre copains en van et séjour au pair dans une ferme perdue où, bien sûr elle sympathisa avec les fermiers et toutes les bestioles de la maison : chats, chiens et même perroquets. Après un passage à Paris, puis à Bordeaux, c’est pour le Canada qu’elle s’envola. Elle y vécut 3 ans. Plusieurs fois, nous, ses parents et Thomas, son frère, la rejoignîmes, que ce fut pour de belles randonnées dans la coloration d’automne ou pour une semaine de janvier blottis dans un chalet au cœur du Charlevoix.

Pour Noël 2014, elle était de retour, avec un Québécois dans ses bagages ! Cette fois, plus question de vivre en ville et c’est à Gaillac qu’ils choisirent d’élire domicile, dans une petite maison au bord du Tarn. Avec ses deux chats, son chien et bientôt ses poules, son jardin d’où elle pouvait lancer sa ligne dans le Tarn, son potager où elle faisait pousser toutes sortes de tomates, Camille avait trouvé l’harmonie de vie qu’elle cherchait depuis longtemps.

C’est là que la maladie vint la frapper. Les projets de prochains voyages s’envolèrent et toute son énergie se concentra sur le combat qu’elle mena pendant trois ans contre la maladie. La lutte n’était pas égale et le courage extraordinaire dont elle fit preuve ne suffit pas à la sauver. Elle s’est envolée pour son dernier voyage au petit matin d’un jour du printemps 2018.

Pourtant, elle est toujours là, dans nos cœurs, et elle nous accompagne dans chacun de nos voyages.